Quel moteur PureTech pose problème et lequel éviter ?
Depuis son lancement en 2012, le trois-cylindres PureTech de PSA s’est décliné en une demi-douzaine de variantes, du petit 1.0 atmosphérique au nerveux 1.2 turbo de 155 chevaux. Toutes ne se valent pas en matière de fiabilité. Certaines versions accumulent les retours en garantie et les campagnes de rappel, tandis que d’autres traversent les années sans encombre. Faisons le tri pour savoir précisément quel moteur PureTech éviter — et lequel choisir les yeux fermés.
La famille PureTech en un coup d’œil
| Code moteur | Cylindrée | Puissance | Suralimentation | Distribution | Fiabilité globale |
|---|---|---|---|---|---|
| EB0 | 1.0 L | 68 / 72 ch | Non (atmo) | Chaîne | Bonne |
| EB2 (atmo) | 1.2 L | 75 / 82 ch | Non (atmo) | Courroie humide | Moyenne |
| EB2DT | 1.2 L | 110 ch | Turbo | Courroie humide | Problématique |
| EB2DTS | 1.2 L | 130 ch | Turbo | Courroie humide | Problématique |
| EB2ADTS (Phase 2) | 1.2 L | 130 / 155 ch | Turbo | Courroie humide renforcée | Correcte (recul limité) |
EB0 (1.0 PureTech 68/72 ch) : le bon élève discret
Le plus petit de la famille est aussi le plus fiable. Distribué par chaîne de distribution (et non par courroie humide), il échappe au principal défaut des PureTech. On le retrouve sur la Citroën C1, la Peugeot 108 et certaines versions de la C3. Sa puissance modeste le destine à un usage urbain, mais sa robustesse est un vrai atout sur le marché de l’occasion. Les pannes sont rares et le coût d’entretien est minimal.
EB2 atmosphérique (1.2 PureTech 75/82 ch) : attention à la courroie
C’est ici que les ennuis commencent. Le passage à la courroie humide introduit le risque de dégradation prématurée qui a fait la mauvaise réputation du PureTech. Sur les versions atmosphériques, l’absence de turbo limite toutefois la sollicitation thermique. Les pannes de courroie existent mais sont statistiquement moins fréquentes que sur les versions turbo. Le rappel constructeur couvre le remplacement de la courroie sur les exemplaires produits avant mi-2022.
EB2DT (1.2 PureTech 110 ch) : le plus répandu, le plus touché
Le 110 ch turbo est de loin la version la plus vendue et la plus problématique. Il cumule trois faiblesses majeures :
- Courroie humide fragile : les cas de rupture avant 100 000 km sont documentés en nombre, entraînant systématiquement une casse moteur.
- Consommation d’huile excessive : jusqu’à 1 litre tous les 3 000 km sur certains exemplaires, accélérant l’usure de la courroie.
- Buses de refroidissement du turbo : des fuites de liquide de refroidissement au niveau des raccords provoquent des surchauffes localisées.
Stellantis a lancé plusieurs campagnes de rappel, notamment sur la Peugeot 208 1.2 PureTech. Si vous possédez un 110 ch, vérifiez impérativement que le rappel a été effectué.
EB2DTS (1.2 PureTech 130 ch) : même combat, pression en plus
Le 130 ch partage la quasi-totalité de son architecture avec le 110, mais fonctionne à une pression de suralimentation supérieure. Résultat : les contraintes thermiques et mécaniques sur la courroie et le turbo sont encore plus élevées. Les retours d’expérience montrent des taux de panne comparables, voire légèrement supérieurs, au 110 ch. Ce moteur équipe des modèles plus haut de gamme (308, 3008, C4, DS 3) et la facture de remplacement moteur y est souvent plus salée.
Versions Phase 2 (après mi-2022) : le correctif
Stellantis a revu la conception de la courroie, du carter d’huile et du système de lubrification à partir de mi-2022. Les retours sur ces versions « Phase 2 » sont encourageants, avec une nette diminution des signalements de casse. Le recul reste toutefois limité — ces moteurs n’ont que trois à quatre ans d’âge. Il faudra attendre que les exemplaires atteignent 150 000 km pour se prononcer définitivement.
Quel PureTech éviter et lequel choisir ?
En résumé, voici la hiérarchie de fiabilité au sein de la gamme :
- À privilégier : EB0 (1.0 chaîne) ou tout PureTech Phase 2 (après mi-2022) avec courroie renforcée.
- Acceptable sous conditions : EB2 atmosphérique 75/82 ch, à condition que le rappel ait été effectué et que la courroie soit en bon état.
- À éviter sans vérification : EB2DT 110 ch et EB2DTS 130 ch produits avant mi-2022, surtout si le rappel n’a pas été fait et si le kilométrage dépasse 80 000 km.
Si le PureTech vous inquiète, rappelez-vous que son ancêtre, le 1.4 VTi de la Peugeot 207, avait lui aussi ses faiblesses. La fiabilité d’un moteur dépend toujours autant de l’entretien que de la conception. Un PureTech bien suivi, avec courroie remplacée, reste un moteur agréable et économe.
Conseil PSI Motorsport : avant tout achat d’occasion, faites passer le véhicule à la valise diagnostic. Les codes défaut P0016 et P0017 (corrélation arbre à cames / vilebrequin) sont les premiers indicateurs d’une courroie en fin de vie.
FAQ — Fiabilité des moteurs PureTech
Le PureTech 100 ch est-il différent du 110 ch ?
Le 100 ch est une version dépuissancée du 110, avec la même architecture EB2DT. Il partage les mêmes faiblesses (courroie humide, consommation d’huile) et fait l’objet des mêmes rappels.
Combien coûte un remplacement moteur PureTech ?
En concession, comptez entre 5 000 et 8 000 euros selon le modèle. Un moteur d’occasion ou reconditionné peut réduire la facture à 3 000-4 500 euros, pose comprise.
Le PureTech 155 ch est-il fiable ?
C’est une version Phase 2 récente, exclusivement disponible sur les modèles sportifs (308 GT). Le recul est insuffisant pour conclure, mais la conception améliorée joue en sa faveur.
Existe-t-il une alternative fiable au PureTech chez Stellantis ?
En essence, le 1.6 THP (EP6) a lui aussi eu son lot de problèmes. En diesel, les BlueHDi 1.5 sont globalement plus fiables. Sinon, tournez-vous vers les motorisations hybrides e-DCS6.

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